Un Coffre-fort Numérique pour aider les plus démunis

Publié par la-croix.com

Grâce aux nouvelles technologies, le gouvernement envisage de nouvelles pistes pour aider les plus démunis à toucher leurs droits.

SA, CMU-C, APL, AME… Si les aides sociales ne manquent pas, en France, des centaines de milliers de personnes, précaires ou à la rue, ne réclament rien à personne. Le plus souvent par manque d’information ou en raison de la trop grande complexité des démarches administratives. Ainsi, 68 % des personnes éligibles au complément de revenu du RSA « activité » ne le demandent pas. Un tiers de ceux qui pourraient bénéficier du RSA de base, l’ancien RMI (500 €) ne le touchent pas. Quant à la complémentaire de la couverture maladie universelle (CMU-C), 24 % des ayants droit n’y ont pas recours.

Stocker ses papiers sur Internet

Pour ce faire, la ministre travaille à la conception d’un nouvel outil, en lien avec Thierry Mandon, chargé de la simplification de l’État au gouvernement : un « coffre-fort numérique » est ainsi annoncé pour courant 2015. De quoi s’agit-il ? Seuls ou accompagnés, les plus démunis auront la possibilité de scanner leurs documents administratifs, et de les stocker une bonne fois pour toutes sur un serveur informatique.

C’est le modèle des « clouds » (« nuages » en anglais) qui permet le stockage de la musique, des carnets d’adresses... Reste toutefois à imaginer des garanties pour que, appliqué aux données administratives, le dispositif reste respectueux des libertés individuelles. « Cet espace sera protégé au moyen d’un code personnel, assure Ségolène Neuville.

Cet espace sera protégé par un code personnel. Les personnes pourront choisir d’en laisser l’accès à un travailleur social, qui aura ainsi tous les justificatifs nécessaires

Reste toutefois à imaginer des garanties pour que, appliqué aux données administratives, le dispositif reste respectueux des libertés individuelles. « Cet espace sera protégé au moyen d’un code personnel, assure Ségolène Neuville. Les personnes pourront toutefois choisir d’en laisser l’accès à un travailleur social, qui aura ainsi tous les justificatifs nécessaires pour instruire leur dossier. » La secrétaire d’État assure que l’outil a déjà été éprouvé sans difficulté particulière par La Poste, ou par Emmaüs.

Vers une simplification des formulaires

Diverses tentatives de simplification des démarches administratives avaient déjà été lancées. En janvier 2014, l’ancienne ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, avait par exemple entrepris l’expérimentation d’un « dossier unique », énorme formulaire de 20 pages regroupant l’ensemble des aides et des minima sociaux. Mais, avant même qu’un rapport de l’Igas n’en ait fait le bilan, Ségolène Neuville n’en espère pas grand-chose.

Pour corriger ces défauts de fabrication, la secrétaire d’État a confié une mission à Étienne Pinte, président du Conseil national des politiques de lutte contre l’exclusion (CNLE). L’ancien député UMP et le « huitième collège » de cette institution, entièrement composé de personnes qui vivent la pauvreté au quotidien, proposeront une réécriture simplifiée des différents formulaires.

Cette solution pourrait à terme faire gagner aux travailleurs sociaux un temps précieux qui pourra être mieux consacré aux personnes